par Imane Bouhrara – ecoactu.ma – 02/03/2020

La pluviométrie dans la région de Souss-Massa a atteint des niveaux inquiétants se répercutant sur les taux de remplissage des barrages qui ont atteint des taux très bas. Face à cette situation, le Wali de la région a édité des mesures d’économie et veillera sur le respect de ces mesures.

Le Wali de la région de Souss-Massa, gouverneur de la préfecture d’Agadir-Ida Outanane, Ahmed Hajji a émis une décision concernant la mise en place de dispositifs d’économie d’eau dans la région. Cette décision, datant du 21 février, qui puise son essence des recommandations de la réunion de la commission provinciale de l’eau réunie le 31 janvier 2020 au siège de la Wilaya.

Ainsi, face au déficit hydrique inquiétant enregistré au niveau de la région et dans la perspective d’une bonne gestion de l’approvisionnement en eau potable dans des conditions convenables, il a été décidé de lancer une large campagne de sensibilisation dans le sens de réduire la consommation d’eau potable.

Aussi, l’arrosage des zones vertes se fera-t-il exclusivement par l’eau recyclée distribuée par des camions citernes en attendant de finaliser les canalisations d’arrosage.

Par ailleurs, il est interdit le lavage des voitures et camions en dehors des stations professionnelles, de même qu’il est interdit le lavage des bâtiments et des voies de circulations.

Parmi les décisions prises, l’interdiction des douches sur les plages et le remplissage des piscines par l’eau potable.

Pour assurer le bon respect de ce dispositif de rationalisation de l’usage et de l’économie de l’eau, une commission technique présidée par le Wali de la région a été mise en place et comportera également les autres gouverneurs des provinces de la région, le directeur de l’Agence du bassin hydraulique de Souss-Massa, le directeur de l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Souss-Massa, le directeur régional de l’ONEE, le directeur régional de l’équipement et des transports et le directeur général de la Régie autonome multiservice d’Agadir.

Cette commission doit se réunir minimum une fois par mois pour s’assurer du respect des mesures édictées. D’autant que pour la région, à vocation touristique, il faudra suivre la mise en œuvre notamment au niveau des établissements hôteliers (piscines et golfs), mais également au niveau des exploitations agricoles de la région.

Stress hydrique sévère

Les nouveaux dispositifs interviennent dans une conjoncture marquée par un fort stress hydrique dans la région et ont pour objectif de prévenir une pénurie d’eau.

En effet, au 28 février 2020, et selon les données de l’Agence hydraulique de la région, le barrage Ibn Tachfine a enregistré un taux de remplissage de 13%, soit 40 millions de mètre cubes alors que sa capacité totale est de 296 millions. Les retenues du barrage Moulay Abdallah II sont tombées à 17 millions de mètres cubes soit 19% de sa capacité totale. Le barrage Abdelmoumen a enregistré 22 millions de mètres cubes contre une capacité de 198 millions de mètres cubes. Pour le barrage Mokhtar Soussi, le niveau de remplissage est passé de 39 millions de mètres cubes à 18 millions.

En attendant la station de dessalement d’eau

Concernant la station de dessalement d’eau, qui devrait satisfaire les besoins en eau potable du Grand Agadir et en eau d’irrigation de la plaine de Chtouka, les travaux de réalisation enregistrent un taux d’avancement de 65%.

La station, d’un coût global de 4,41 milliards de Dirhams sera amenée à sécuriser également l’alimentation en eau d’irrigation de la plaine de Chtouka et la préservation des activités agricoles dans la région, particulièrement les cultures à forte valeur ajoutée, ainsi que la capitalisation de l’expérience du secteur privé.

Michel Terrier

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